Eclats de vers : Matemat : Constructions géométriques
Table des matières
- 1. Médiatrice
- 2. Bissectrice
- 3. Perpendiculaire à une droite passant par un point
- 4. Parallèle à une droite passant par un point
- 5. Perpendiculaire au diamètre d’un cercle passant par le centre
- 6. Cercle circonscrit à un triangle
- 7. Cercle inscrit à un triangle
- 8. Tangente à un cercle passant par un point
- 9. Segment proportionnel
- 10. Racines carrées
- 11. Nombre d’or
1. Médiatrice
Pour tracer la médiatrice d’un segment, on construit un losange où le segment est l’une des diagonales et où la médiatrice est le prolongement de l’autre diagonale.
Le schéma ci-dessous illustre la construction de la médiatrice \(m\) du segment \([A,B]\) :
On définit la longueur :
\[ \mathscr{L} = \abs{AB} \]
Voici les étapes de cette méthode de construction :
- ouvrir le compas d’un rayon \(r\) à peu près compris entre
\(2 \ \mathscr{L} / 3\) et \(\mathscr{L}\)
- si le rayon est trop près de \(\mathscr{L}/2\), les points d’intersection vont être très proches, ce qui peut poser un problème de précision
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(A\) et de rayon \(r\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(B\) et de rayon \(r\)
- on note \(D\) et \(E\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}_1\) et \(\mathscr{C}_2\)
- tracer la droite \(m = (DE)\)
- on note \(I\) le point d’intersection entre \([A,B]\) et \(m\)
Par construction, on a :
\[ \abs{AD} = \abs{AE} = \abs{BD} = \abs{BE} \]
Le quadrilatère \(AEBD\) est donc un losange. Les segments \([A,B]\) et \([D,E]\) sont les diagonales du losange \(AEBD\) : ils sont donc perpendiculaires et se coupent en leur milieu. La droite \(m = (DE)\) est bien la médiatrice du segment \([A,B]\), et le point \(I\) est son milieu :
\[ \abs{AI} = \abs{IB} \]
2. Bissectrice
Pour tracer la bissectrice d’un angle, on construit un cerf-volant où la bissectrice est le prolongent de la diagonale adéquate.
Le schéma ci-dessous illustre la construction de la bissectrice \(b\) de l’angle \(\angleflex{AOB}\) :
Voici les étapes de cette méthode de construction :
- ouvrir le compas d’un rayon \(r_1\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(O\) et de rayon \(r_1\)
- soit \(D\) l’intersection de la droite \((OA)\) avec \(\mathscr{C}_1\)
- soit \(E\) l’intersection de la droite \((OB)\) avec \(\mathscr{C}_1\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(r_2\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(D\) et de rayon \(r_2\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_3\) de centre \(E\) et de rayon \(r_2\)
- le rayon de \(\mathscr{C}_3\) est donc le même que celui de \(\mathscr{C}_2\)
- soit \(I\) l’intersection de \(\mathscr{C}_2\) avec \(\mathscr{C}_3\)
- tracer la droite \(b = (OI)\)
Par construction, on a :
\[ \abs{OD} = \abs{OE} \qquad \qquad \qquad \abs{DI} = \abs{EI} \]
Le quadrilatère \(ODIE\) est donc un cerf-volant. La diagonale \([O,I]\) traverse les deux triangles isocèles qui composent le cerf-volant, ce qui implique que \([O,I]\) est la bissectrice des angles situés à ses extrémités. La droite \(b = (OI)\) est bien la bissectrice de l’angle \(\angleflex{DOE} = \angleflex{AOB}\).
3. Perpendiculaire à une droite passant par un point
Pour tracer la perpendiculaire à une droite passant par un point, on construit un cerf-volant où le point est un des sommets, où la droite originale prolonge une des diagonales et où la droite perpendiculaire prolonge l’autre diagonale.
Soit un point \(A\) et une droite \(d\). Le schéma ci-dessous illustre la construction de la droite \(p\), perpendiculaire à \(d\) et passant par \(A\) :
Voici les étapes de cette méthode de construction :
- ouvrir le compas d’un rayon \(R\) strictement supérieur à la distance
entre le point \(A\) et la droite \(d\)
- autrement dit, assez grand pour qu’un cercle centré sur \(A\) ait deux intersections avec \(d\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(A\) et de rayon \(R\)
- on note \(I\) et \(J\) les deux points d’intersections de la droite \(d\) avec l’arc de cercle \(\mathscr{C}_1\)
- on note \(\mathscr{L} = \abs{IJ}\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(r\) à peu près compris entre
\(2 \ \mathscr{L} / 3\) et \(\mathscr{L}\)
- si le rayon est trop près de \(\mathscr{L}/2\), les points d’intersection vont être très proches, ce qui peut poser un problème de précision
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(I\) et de rayon \(r\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_3\) de centre \(J\) et de rayon \(r\)
- on note \(K\) et \(L\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}_2\) et \(\mathscr{C}_3\)
- tracer la droite \(p = (AL)\)
- on note \(O\) le point d’intersection entre \(d\) et \(p\)
Par construction, on a :
\[ \abs{AI} = \abs{AJ} \]
\[ \abs{LI} = \abs{LJ} \]
Le quadrilatère \(AILJ\) est donc un cerf-volant. Les segments \([I,J]\) et \([A,L]\) sont les diagonales de ce cerf-volant : ils sont donc perpendiculaires. La droite \(p = (AL)\) est bien perpendiculaire à la droite \(d = (AB)\) et passe par \(A\) puisque :
\[ A \in (AL) = p \]
Le point \(O\) est par définition la projection orthogonale de \(A\).
Remarque : la diagonale \([A,L]\) traverse les deux triangles isocèles qui composent le cerf-volant, ce qui implique que \([A,L]\) est la médiatrice de l’autre diagonale \([I,J]\).
4. Parallèle à une droite passant par un point
4.1. En utilisant un cercle
On peut tracer une parallèle à une droite passant par un point donné en utilisant des cordes isométriques d’un cercle.
Soit un point \(A\) et une droite \(d\). Le schéma ci-dessous illustre la construction de la droite \(p\), parallèle à \(d\) et passant par \(A\) :
Voici les étapes de cette méthode de construction :
- choisir un point \(O\) distinct de \(A\)
- tracer le cercle \(\mathscr{C}_1\), de centre \(O\) et de rayon \(R = \abs{OA}\)
- on note \(I\) et \(J\) les deux points d’intersection entre \(\mathscr{C}_1\) et la droite \(d\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\), de centre \(J\) et de rayon \(r = \abs{IA}\)
- on note \(K\), l’intersection entre \(\mathscr{C}_1\) et \(\mathscr{C}_2\)
- tracer la droite \(p = (AK)\)
Il est clair que \(p\) passe par \(A\) :
\[ A \in (AK) = p \]
Il nous reste à montrer que la droite \(p = (AK)\) est parallèle à \(d\). Pour cela, traçons les projections orthogonales des points \(A\) et \(K\) sur la droite \(d\) :
Nous avons tenu compte dans le schéma des propriétés des angles des triangles isocèles.
Les triangles \(AIO\) et \(KOJ\) on leurs trois côtés de mêmes longueurs. Ils sont donc isométriques et :
\[ \beta = \gamma \]
Les triangles rectangles \(ILA\) et \(JMK\) ont un côté de même longueur par construction :
\[ \abs{AI} = \abs{KJ} \]
Ils ont aussi un angle de même amplitude car :
\[ \angleflex{LIA} = \alpha + \beta = \alpha + \gamma = \angleflex{KJM} \]
Les triangles rectangles \(ILA\) et \(JMK\) sont donc isométriques, ce qui implique que :
\[ \abs{AL} = \abs{KM} \]
Le quadrilatère \(ALMK\) possède deux côtés de longueur égale qui forment un angle droit avec un troisième côté. Ce quadrilatère est donc un rectangle, ce qui implique que :
\[ [A,K] \parallel [L,M] \]
Les droites qui prolongent ces côtés sont aussi parallèles et :
\[ p = (AK) \parallel (LM) = d \]
Remarque : il existe des configurations légèrement différentes de la construction, suivant que le centre \(O\) est situé au-dessus du point \(A\), ou en-dessous de la droite \(d\). La démonstration est analogue à celle que nous venons de voir.
4.2. Perpendiculaire d’une perpendiculaire
On peut tracer une parallèle à une droite passant par un point donné en construisant la perpendiculaire de la perpendiculaire de la droite originale.
Soit un point \(A\) et une droite \(d\). Le schéma ci-dessous illustre la construction de la droite \(p\), parallèle à \(d\) et passant par \(A\) :
On procède comme suit :
- tracer la droite \(m\), perpendiculaire à \(d\) et passant par \(A\)
- tracer la droite \(p\), perpendiculaire à \(m\) et passant par \(A\)
On définit :
\[ \mathscr{L} = \abs{AB} \]
Voici les étapes détaillées de cette méthode de construction :
- droite \(m\), perpendiculaire à \(d\) et passant par \(A\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(R\) strictement supérieur à la distance entre le point \(A\) et la droite \(d\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(A\) et de rayon \(R\)
- on note \(D\) et \(E\) les deux points d’intersections de la droite \(d\) avec l’arc de cercle \(\mathscr{C}_1\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(r\) à peu près compris entre \(2 \ \mathscr{L} / 3\) et \(\mathscr{L}\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(D\) et de rayon \(r\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_3\) de centre \(E\) et de rayon \(r\)
- on note \(F\) et \(G\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}_2\) et \(\mathscr{C}_3\)
- tracer la droite \(m = (AG)\)
- on note \(H\) le point d’intersection entre \(d\) et \(m\)
- droite \(p\), perpendiculaire à \(m\) et passant par \(A\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(s\)
- tracer un cercle \(\mathscr{C}_4\) de centre \(A\) et de rayon \(s\)
- on note \(I\) et \(J\) les deux points d’intersections de la droite \(m\) avec le cercle \(\mathscr{C}_4\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(t\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_5\) de centre \(I\) et de rayon \(t\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_6\) de centre \(J\) et de rayon \(t\)
- on note \(K\) et \(L\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}_5\) et \(\mathscr{C}_6\)
- tracer la droite \(p = (KL)\)
La droite \(m\) étant perpendiculaire à \(d\) et \(p\), on a :
\[ p \parallel d \]
Par construction, \(p\) est aussi la médiatrice du segment \([I,J]\). La droite \(p\) passe donc par le milieu de \([I,J]\), c’est-à-dire le point \(A\).
5. Perpendiculaire au diamètre d’un cercle passant par le centre
Soit un cercle \(\mathscr{C}\) de centre \(O\) et de rayon \(r\). Le schéma ci-dessous illustre la construction de la droite \(p\), perpendiculaire au diamètre \([A,B]\) et passant par le centre \(O\) :
Voici les étapes de cette méthode de construction :
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\), de centre \(A\) et de rayon \(r\)
- on note \(I\) et \(J\) les intersections de \(\mathscr{C}\) avec \(\mathscr{C}_1\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\), de centre \(B\) et de rayon \(r\)
- on note \(K\) et \(L\) les intersections de \(\mathscr{C}\) avec \(\mathscr{C}_2\)
- tracer les segments \([A,K]\), \([A,L]\), \([B,I]\) et \([B,J]\)
- on note \(M\) l’intersection de \([A,K]\) avec \([B,I]\)
- on note \(N\) l’intersection de \([A,L]\) avec \([B,J]\)
- tracer la droite \(p = (MN)\)
Comme \([A,B]\) est un diamètre du cercle \(\mathscr{C}\), on a :
\[ \abs{AO} = \abs{OB} \]
Le centre \(O\) est aussi le point milieu du segment \([A,B]\).
Les triangles \(AIB\), \(AJB\), \(AKB\) et \(ALB\) sont inscrits dans \(\mathscr{C}\) et ont un côté commun \([A,B]\) qui est un diamètre du cercle. Ce sont donc tous des triangles rectangles. En plus de leur hypothénuse commune, ils ont une cathète de même longueur car :
\[ r = \abs{AI} = \abs{AJ} = \abs{BK} = \abs{BL} \]
par construction. Ces triangles sont tous isométriques et :
\[ \alpha = \beta = \gamma = \delta \]
Les triangles \(MAB\) et \(NAB\) ont chacun deux angles de même amplitudes et sont donc isocèles :
\[ \abs{MA} = \abs{MB} \qquad \qquad \qquad \abs{NA} = \abs{NB} \]
Le quadrilatère \(ANBM\) possède deux paires de côtés adjacents de même longueur : c’est un cerf-volant. Sa diagonale \([M,N]\) traverse les deux triangles isocèles et est donc la médiatrice de l’autre diagonale \([A,B]\). La droite \(p = (MN)\) qui la prolonge est bien perpendiculaire au diamètre \([A,B]\) et passe par le point \(O\), milieu du segment \([A,B]\) :
\[ p \perp [A,B] \qquad \qquad O \in p \]
Remarque : la complémentarité des angles dans les triangles rectangles \(MAO\) et \(NAO\) nous donnent :
\[ \abs{\angleflex{AMO}} = 90^\circ - \alpha = 90^\circ - \beta = \abs{\angleflex{ONA}} \]
Le triangle \(AMN\) possède deux angles de même amplitude et est isocèle :
\[ \abs{MA} = \abs{NA} \]
On a finalement :
\[ \abs{MB} = \abs{MA} = \abs{NA} = \abs{NB} \]
Le quadrilatère \(ANBM\) est aussi un losange.
6. Cercle circonscrit à un triangle
Soit un triangle \(ABC\) et :
- \(m\), la médiatrice du côté \([A,B]\)
- \(p\), la médiatrice du côté \([B,C]\)
- \(s\), la médiatrice du côté \([C,A]\)
Considérons le point d’intersection :
\[ O = m \cap p \]
Comme \(O\) est sur la médiatrice \(m\), ce point est équidistant de \(A\) et \(B\) :
\[ \abs{OA} = \abs{OB} \]
Mais \(O\) est aussi sur la médiatrice \(p\) et :
\[ \abs{OB} = \abs{OC} \]
On en déduit que :
\[ \abs{OA} = \abs{OB} = \abs{OC} \]
Le point \(O\) est équistant des trois points \(A\), \(B\) et \(C\). C’est donc le centre du cercle circonscrit au triangle \(ABC\).
Pour construire le cercle circonscrit à un triangle \(ABC\), il suffit de :
- construire la médiatrice \(m\) de \([A,B]\)
- construire la médiatrice \(p\) de \([B,C]\)
- pointer l’intersection \(O\) des médiatrices \(m\) et \(p\)
- tracer le cercle \(\mathscr{C}\) de centre \(O\) et de rayon \(\abs{OA}\).
Remarque : on déduit de l’égalité des trois distances que :
\[ \abs{OA} = \abs{OC} \]
Le point \(O\) est donc également sur la médiatrice \(s\) de \([A,C]\).
6.1. Cercle passant par trois points
Pour construire un cercle passant par trois points donnés \(A\), \(B\) et \(C\), il suffit de tracer le cercle circonscrit au triangle \(ABC\).
7. Cercle inscrit à un triangle
Soit un triangle \(ABC\) et :
- \(b\), la bissectrice de l’angle \(\angleflex{A}\)
- \(d\), la bissectrice de l’angle \(\angleflex{B}\)
- \(f\), la bissectrice de l’angle \(\angleflex{C}\)
Considérons le point d’intersection :
\[ O = b \cap d \]
et :
- \(P\), projection orthogonale de \(O\) sur \((AB)\)
- \(S\), projection orthogonale de \(O\) sur \((BC)\)
- \(T\), projection orthogonale de \(O\) sur \((CA)\)
Comme \(O\) est sur la bissectrice \(b\), ce point est équidistant de \([AB)\) et \([AC)\), et donc des projections orthogonales correspondantes :
\[ \abs{OP} = \abs{OT} \]
Comme \(O\) est sur la bissectrice \(d\), on a aussi :
\[ \abs{OP} = \abs{OS} \]
On en déduit que :
\[ \abs{OP} = \abs{OS} = \abs{OT} \]
ou, en termes de distances :
\[ \distance(O,(AB)) = \distance(O,(BC)) = \distance(O,(CA)) \]
Le point \(O\) est équistant des trois côtés du triangle. C’est donc le centre du cercle inscrit au triangle \(ABC\).
Pour construire le cercle inscrit à un triangle \(ABC\), il suffit de :
- construire la bissectrice \(b\) de \(\angleflex{A}\)
- construire la bissectrice \(d\) de \(\angleflex{B}\)
- pointer l’intersection \(O\) des bissectrices \(b\) et \(d\)
- tracer \(P\), la projection orthogonale de \(O\) sur \((AB)\)
- tracer le cercle \(\mathscr{C}\) de centre \(O\) et de rayon \(\abs{OP}\)
Remarque : on déduit de l’égalité des trois distances que :
\[ \abs{OS} = \abs{OT} \]
ou encore :
\[ \distance(O,(BC)) = \distance(O,(CA)) \]
Le point \(O\) est donc également sur la bissectrice \(f\) de \(\angleflex{C}\).
8. Tangente à un cercle passant par un point
8.1. Point situé sur le cercle
Pour tracer la tangente à un cercle passant par un point du cercle, il suffit de construire la perpendiculaire au rayon.
Soit un cercle \(\mathscr{C}\) de centre \(O\) et de rayon \(r\), et un point \(A \in \mathscr{C}\). Le schéma ci-dessous illustre la construction de la droite \(t\), tangente à \(\mathscr{C}\) et passant par \(A\) :
- ouvrir le compas d’un rayon \(R_1\)
- tracer un cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(A\) et de rayon \(R_1\)
- on note \(I\) et \(J\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}\) avec \(\mathscr{C}_1\)
- construire la médiatrice de \([I,J]\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(R_2\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(I\) et de rayon \(R_2\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_3\) de centre \(J\) et de rayon \(R_2\)
- on note \(K\) et \(L\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}_2\) et \(\mathscr{C}_3\)
- tracer la droite \(t = (KL)\)
La droite \(t\) étant la médiatrice de \([I,J]\), elle est perpendiculaire à la droite \((IJ) = (OA)\), et donc aussi au rayon \([O,A]\). Comme \(A\) est le point milieu du segment \([I,J]\), \(t\) passe par \(A\). La droite \(t\) est donc tangente au cercle \(\mathscr{C}\) en \(A\).
8.2. Point situé hors du cercle
Pour tracer les tangentes à un cercle passant par un point situé hors du cercle, on construit le cercle circonscrit du triangle rectangle dont les sommets sont :
- le point situé hors du cercle
- le centre du cercle original
- le point de tangence
Soit un cercle \(\mathscr{C}\) de centre \(O\) et de rayon \(r\), et un point \(A\) situé en dehors de \(\mathscr{C}\) :
\[ \abs{OA} > r \]
Le schéma ci-dessous illustre la construction des droites \(t\) et \(u\), tangentes à \(\mathscr{C}\) et passant par \(A\) :
Soit \(I\) le point d’intersection entre \(t\) et \(\mathscr{C}\). Comme \(t = (AI)\) est perpendiculaire au rayon \([O,I]\), le triangle \(AIO\) est un triangle rectangle :
\[ \abs{\angleflex{AIO}} = 90^\circ \]
Soit le cercle \(\mathscr{L}\), circonscrit au triangle \(AIO\). Le centre de \(\mathscr{L}\) est situé en \(M\), point milieu de l’hypothénuse \([A,O]\) :
\[ \abs{MA} = \abs{MO} \]
et son rayon vaut :
\[ R = \abs{MA} = \frac{\abs{AO}}{2} \]
Comme le point \(I\) se trouve simultanément sur \(\mathscr{C}\) et sur \(\mathscr{L}\), il est situé à l’intersection de ces deux cercles. Or, \(\mathscr{C}\) et \(\mathscr{L}\) ont au total deux intersections, le point \(I\) et un autre point que nous nommons \(J\) :
\[ \mathscr{C} \cap \mathscr{L} = \{ I, J \} \]
Comme \(J \in \mathscr{L}\), le triangle \(AJO\) est aussi inscrit dans \(\mathscr{L}\). De plus, le côté \([A,O]\) est un diamètre du cercle, ce qui implique que \(AJO\) est aussi un triangle rectangle :
\[ \abs{\angleflex{AJO}} = 90^\circ \]
La droite \(u = (AJ)\) est perpendiculaire au rayon \([A,J]\) et est donc aussi tangente au cercle \(\mathscr{C}\).
Pour construire les droites \(t\) et \(u\) tangentes à \(\mathscr{C}\) et passant par \(A\), il suffit de tracer \(\mathscr{L}\), de pointer les intersections \(I\) et \(J\), puis de tracer :
\[ t = (AI) \qquad \qquad \qquad u = (AJ) \]
Voici les étapes détaillées de cette méthode de construction :
- tracer le segment \([O,A]\)
- tracer le point \(M\), milieu du segment \([O,A]\)
- par exemple en construisant la médiatrice de \([O,A]\)
- tracer le cercle \(\mathscr{L}\), de centre \(M\) et de rayon \(R = \abs{MA}\)
- on note \(I\) et \(J\) les deux points d’intersections de \(\mathscr{C}\) et \(\mathscr{L}\)
- tracer la droite \(t = (AI)\)
- tracer la droite \(u = (AJ)\)
9. Segment proportionnel
Les triangles semblables donnent une méthode pour construire un segment de longueur proportionnelle à un segment donné. Soit le segment \([A,B]\) :
Supposons par exemple que l’on veuille tracer un segment \([A,C]\) de longueur :
\[ \abs{AC} = \frac{7}{4} \ \abs{AB} \]
Il suffit de :
- tracer la droite \(d = (AB)\) qui prolonge le segment \([A,B]\)
- tracer la droite \(e\), distincte de \(d\) et passant par \(A\)
- ouvrir le compas d’un rayon \(r\)
- tracer des points équidistants sur \(e\) en partant de \(A\) et en allant de \(P_1\) à \(P_7\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(A\) et de rayon \(r\)
- on note \(P_1\) le point d’intersection entre \(e\) et \(\mathscr{C}_1\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(P_1\) et de rayon \(r\)
- on note \(P_2\) le point d’intersection entre \(e\) et \(\mathscr{C}_2\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}_3\) de centre \(P_2\) et de rayon \(r\)
- on note \(P_3\) le point d’intersection entre \(e\) et \(\mathscr{C}_3\)
- continuer ainsi jusque \(P_7\)
- tracer la droite \(f = (P_4 B)\)
- tracer la droite \(g\), parallèle à \(f\) et passant par le point \(P_7\)
Par construction, on a :
\[ r = \abs{A P_1} = \abs{P_1 P_2} = \abs{P_2 P_3} = \ldots = \abs{P_6 P_7} \]
On en conclut que :
\[ \abs{A P_4} = 4 \ r \]
\[ \abs{A P_7} = 7 \ r \]
d’où :
\[ \frac{\abs{AP_7}}{\abs{AP_4}} = \frac{7}{4} \]
Le point d’intersection \(C\) entre \(g\) et \(d\) délimite le segment \([A,C]\) demandé. En effet, par similarité des triangles, on a :
\[ \frac{\abs{AC}}{\abs{AB}} = \frac{\abs{AP_7}}{\abs{AP_4}} = \frac{7}{4} \]
10. Racines carrées
On peut utiliser le théorème de Pythagore pour construire une suite de segments de longueurs :
\[ \sqrt{1} = 1 \qquad \qquad \qquad \sqrt{2} = 2 \qquad \qquad \qquad \sqrt{3} = 3 \qquad \qquad \qquad \sqrt{4} = 4 \qquad \qquad \qquad \sqrt{5} = 5 \qquad \qquad \qquad \ldots \]
Le schéma ci-dessous nous en donne un exemple :
On procède comme suit :
- on trace un carré \(A P_1 T_1 B\)
- on prolonge les côtés \([A,P_1]\) et \([A,T_1]\) vers la droite
- on trace un arc de cercle \(\mathscr{C}_1\) de centre \(A\) et de rayon \(\abs{A T_1}\)
- on nomme \(P_2\) le point d’intersection entre la droite \((A P_1)\) et \(\mathscr{C}_1\)
- on trace \(T_2\), la projection orthogonale de \(P_2\) sur \((B T_1)\)
- la droite \((P_2 T_2)\) est donc perpendiculaire à \((B T_1)\)
- on trace un arc de cercle \(\mathscr{C}_2\) de centre \(A\) et de rayon \(\abs{A T_2}\)
- on nomme \(P_3\) le point d’intersection entre la droite \((A P_1)\) et \(\mathscr{C}_2\)
- on trace \(T_3\), la projection orthogonale de \(P_3\) sur \((B T_1)\)
- on trace un arc de cercle \(\mathscr{C}_3\) de centre \(A\) et de rayon \(\abs{A T_3}\)
- on nomme \(P_4\) le point d’intersection entre la droite \((A P_1)\) et \(\mathscr{C}_3\)
- on trace \(T_4\), la projection orthogonale de \(P_4\) sur \((B T_1)\)
- on trace un arc de cercle \(\mathscr{C}_4\) de centre \(A\) et de rayon \(\abs{A T_4}\)
- on nomme \(P_5\) le point d’intersection entre la droite \((A P_1)\) et \(\mathscr{C}_4\)
- on trace \(T_5\), la projection orthogonale de \(P_5\) sur \((B T_1)\)
- etc
Appliquons le théorème de Pythagore au triangle rectangle \(A P_1 T_1\) :
\[ \abs{A P_2}^2 = \abs{A T_1}^2 = \abs{A P_1}^2 + \abs{P_1 T_1}^2 = 1^2 + 1^2 = 2 \]
puis au triangle rectangle \(A P_2 T_2\) :
\[ \abs{A P_3}^2 = \abs{A T_2}^2 = \abs{A P_2}^2 + \abs{P_2 T_2}^2 = 2 + 1^2 = 3 \]
et ainsi de suite :
\[ \abs{A P_4}^2 = \abs{A T_3}^2 = \abs{A P_3}^2 + \abs{P_3 T_3}^2 = 3 + 1^2 = 4 \]
\[ \abs{A P_5}^2 = \abs{A T_4}^2 = \abs{A P_4}^2 + \abs{P_4 T_4}^2 = 4 + 1^2 = 5 \]
\[ \ldots \]
En prenant la racine carrée de ces relations, il vient :
\[ \abs{A P_2} = \sqrt{2} \]
\[ \abs{A P_3} = \sqrt{3} \]
\[ \abs{A P_4} = \sqrt{4} \]
\[ \abs{A P_5} = \sqrt{5} \]
\[ \ldots \]
Les segments :
\[ [A, P1], \quad [A, P_2], \quad \ldots, \quad [A, P_5], \quad \ldots \]
ont donc les longueurs souhaitées.
11. Nombre d’or
Le schéma ci-dessous illustre la construction d’un segment \([A,I]\) dont la longueur est égale au nombre d’or :
Voici les étapes de cette méthode de construction :
- tracer un segment \([A,B]\) de longueur \(1/2\)
- tracer un segment \([A,C]\) perpendiculaire à \([A,B]\) et de longueur \(1\)
- tracer un arc de cercle \(\mathscr{C}\) de centre \(B\) et de rayon \(\abs{BC}\)
- on note \(I\) le point d’intersection entre la droite \((AB)\) et \(\mathscr{C}\)
Le théorème de Pythagore nous donne :
\[ \abs{BC}^2 = \abs{AB}^2 + \abs{AC}^2 = \left( \unsur{2} \right)^2 + 1^2 = \unsur{4} + 1 \]
Mettons les termes du membre de droite au même dénominateur :
\[ \abs{BC}^2 = \frac{1 + 4}{4} = \frac{5}{4} \]
L’hypothénuse vaut donc :
\[ \abs{BC} = \frac{\sqrt{5}}{2} \]
Mais \(\abs{BC}\) est aussi le rayon de \(\mathscr{C}\) et :
\[ \abs{BI} = \abs{BC} = \frac{\sqrt{5}}{2} \]
Les points \(A\), \(B\) et \(I\) sont alignés et :
\[ \abs{AI} = \abs{AB} + \abs{BI} = \unsur{2} + \frac{\sqrt{5}}{2} \]
c’est-à-dire :
\[ \abs{AI} = \frac{1 + \sqrt{5}}{2} = \phi \]
La longueur du segment \([A,I]\) vaut le nombre d’or.