Eclats de vers : Matemat : Quadrilatères

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Table des matières

1. Introduction

1.1. Définition

Un quadrilatère est une figure géométrique délimitée par quatre segments reliant quatre points pour former un circuit fermé. Chaque point du circuit est appelé sommet du quadrilatère, tandis que chaque segment est appelé côté du quadrilatère.

quadrilatere-cotes.svg

Le schéma ci-dessus représente un exemple de quadrilatère de sommets \(A\), \(B\) et \(C\) délimité par les côtés :

\[ a = [A,B] \qquad \qquad \qquad b = [B,C] \]

\[ c = [C,D] \qquad \qquad \qquad d = [D,A] \]

On définit généralement un quadrilatère par la liste de ces sommets. Le quadrilatère du schéma ci-dessus est appelé quadrilatère \(ABCD\).

1.2. Côtés opposés

Deux côtés non adjacents d’un quadrilatère sont dits opposés. Par exemple, dans le schéma ci-dessous :

quadrilatere.svg

les côtés \([A,B]\) et \([C,D]\) sont opposés. Il en va de même pour les côtés \([A,D]\) et \([B,C]\).

1.3. Diagonales

Une diagonale d’un quadrilatère \(\mathcal{Q}\) est un segment obtenu en reliant deux sommets non adjacents de \(\mathcal{Q}\).

Par exemple, dans le schéma ci-dessous, les segments \([A,C]\) et \([B,D]\) sont les diagonales du quadrilatère \(ABCD\) :

diagonales-quadrilatere.svg

1.4. Médianes

Une médiane d’un quadrilatère \(\mathcal{Q}\) est un segment obtenu en reliant les points situés au milieu de deux côtés opposés de \(\mathcal{Q}\).

Par exemple, dans le schéma ci-dessous, les segments \([E,G]\) et \([F,H]\) sont les médianes du quadrilatère \(ABCD\) :

medianes-quadrilatere.svg

2. Somme des angles d’un quadrilatère

Un quadrilatère peut toujours se subdiviser en deux triangles : il suffit de tracer une de ses deux diagonales, comme sur le schéma ci-dessous :

somme-angles-quadrilatere.svg

On remarque que la somme des angles des deux triangles est égal à la somme des angles du quadrilatère. Comme la somme des angles de chaque triangle vaut \(180^\circ\), la somme des angles du quadrilatère vaut :

\[ 2 \cdot 180^\circ = 360^\circ \]

La somme des angles d’un quadrilatère vaut donc \(360^\circ\), c’est-à-dire un angle plein.

3. Quadrilatère et cercle

3.1. Cercle circonscrit

On dit que le cercle \(\mathscr{C}\) est circonscrit au quadrilatère \(\mathcal{Q}\), ou que \(\mathcal{Q}\) est inscrit dans \(\mathscr{C}\), si tous les sommets de \(\mathcal{Q}\) appartiennent à \(\mathscr{C}\).

3.2. Cercle inscrit

On dit que le cercle \(\mathscr{C}\) est inscrit au quadrilatère \(\mathcal{Q}\) si tous les côtés de \(\mathcal{Q}\) sont tangents à \(\mathscr{C}\).

4. Trapèze

4.1. Définition

Un trapèze est un quadrilatère qui possède au moins une paire de côtés opposés parallèles.

Les côtés parallèles d’un trapèze sont appelées bases.

Les autres côtés sont appelés jambes, ou côtés obliques.

Le schéma ci-dessous représente un trapèze \(ABCD\), où les bases sont les côtés \([A,B]\) et \([C,D]\) :

trapeze.svg

On appelle :

  • petite base : la base la plus courte
  • grande base : la base la plus longue

4.2. Angles

Le schéma ci-dessous représente un trapèze \(ABCD\), avec sa petite base prolongée :

trapeze-angles.svg

Nous avons tenu compte dans la notation des angles du parallélisme des bases, qui implique une égalité des angles alternes-internes.

Comme \(\alpha\) et \(\delta\) forment ensemble un angle plat, on a :

\[ \delta = 180^\circ - \alpha \]

Comme \(\beta\) et \(\gamma\) forment ensemble un angle plat, on a :

\[ \gamma = 180^\circ - \beta \]

Les angles adjacents à la petite base sont donc supplémentaires par rapport aux angles situés du même côté mais adjacents à la grande base. Notre schéma devient :

trapeze-angles-resolu.svg

4.3. Hauteur

Une hauteur d’un trapèze est un segment délimité par les deux bases et perpendiculaire à une d’entre-elles, ou a son prolongement.

Le schéma ci-dessous représente un trapèze \(ABCD\), avec une hauteur \([E,F]\) perpendiculaire à la grande base, et qui se prolonge jusqu’à la petite base :

trapeze-hauteur.svg

Comme \((AB)\) et \((CD)\) sont parallèles, la hauteur \([E,F]\) est naturellement aussi perpendiculaire à la petite base. Sa longueur :

\[ h = \abs{EF} \]

est égale à la distance entre les droites \((AB)\) et \((CD)\). Elle ne dépend donc pas du point \(E\) choisi sur \((AB)\), ni du point \(F\), qui est la projection orthogonale de \(E\) sur \((CD)\).

Une hauteur d’un trapèze est donc un segment délimité par les deux bases, et perpendiculaire à celles-ci, ou à leur prolongement. La longueur de la hauteur est constante, quel que soit le point choisi pour la construire.

4.4. Trapèze rectangle

Un trapèze rectangle est un trapèze qui possède au moins un angle droit. Le parallélisme des bases garantit que ce trapèze possède un deuxième angle droit.

Le schéma suivant réprésente un trapèze rectangle \(ABCD\) :

trapeze-rectangle.svg

Une droite ou segment \(x\) perpendiculaire à une autre droite ou segment \(y\) est aussi perpendiculaire à toutes les droites ou segments \(z\) parallèles à \(y\). Comme on a :

\[ [A,D] \perp [A,B] \]

\[ [A,B] \parallel [C,D] \]

le segment \([A,D]\) est aussi perpendiculaire à \([C,D]\).

4.5. Trapèze isocèle

4.5.1. Définition

Un trapèze isocèle est un trapèze qui possède deux angles de même amplitude adjacents à une même base.

Le schéma suivant réprésente un trapèze isocèle \(ABCD\), avec deux angles \(\alpha\) identiques, adjacents à la base \([A,B]\) :

trapeze-isocele.svg

4.5.2. Angles

Le schéma ci-dessous représente un trapèze isocele \(ABCD\) :

trapeze-isocele-angles.svg

Nous avons tenu compte des propriétés des angles d’un trapèze dans la notation.

On constate que si les deux angles adjacents à la grande base sont égaux, il en va de même pour les deux angles adjacents à la petite base, et vice versa. Les deux conditions sont donc équivalentes.

4.5.3. Longueurs

Le schéma ci-dessous représente un trapèze isocele \(ABCD\), où les deux jambes ont été prolongées :

trapeze-isocele-longueurs.svg

Nous avons tenu compte, dans la notation des angles, du parallélisme des bases, qui implique une égalité des angles correspondants.

Le triangle \(EAB\) possède deux angles d’amplitudes égale. Il est donc isocèle et :

\[ \abs{AE} = \abs{BE} \]

Il en va de même pour le triangle \(EDC\) :

\[ \abs{DE} = \abs{CE} \]

On a aussi :

\[ \abs{AE} = \abs{AD} + \abs{DE} \]

\[ \abs{BE} = \abs{BC} + \abs{CE} \]

Isolons les côtés du trapèze :

\[ \abs{AD} = \abs{AE} - \abs{DE} \]

\[ \abs{BC} = \abs{BE} - \abs{CE} \]

En soustrayant la seconde équation de la première, on obtient :

\[ \abs{AD} - \abs{BC} = \abs{AE} - \abs{DE} - \abs{BE} + \abs{CE} \]

Simplifions en tenant compte des longueurs égales :

\[ \abs{AD} - \abs{BC} = 0 \]

ou encore :

\[ \abs{AD} = \abs{BC} \]

Les jambes d’un trapèze isocèle sont de longueur égale.

4.5.4. Conditions suffisantes

4.5.4.1. Longueur et angle interne identique
4.5.4.1.1. Angle aigu

Le schéma ci-dessous représente un quadrilatère \(ABCD\), où deux côtés sont de même longueur et forment un angle interne identique avec un troisième côté :

trapeze-isocele-condition-longueur-angle-aigu.svg

Nous faisons l’hypothèse que l’angle \(\alpha\) est un angle aigu.

On trace :

  • le point \(E\), projection orthogonale de \(D\) sur \((AB)\)
  • le point \(F\), projection orthogonale de \(C\) sur \((AB)\)

Comme \((DE)\) et \((CF)\) sont perpendiculaires à \((AB)\), elles sont parallèles entre-elles :

\[ (DE) \parallel (CF) \]

Les angles alternes-internes \(\beta\) et \(\gamma\) sont donc égaux :

\[ \beta = \gamma \]

Les triangles rectangles \(AED\) et \(BFC\) ont une hypothénuse de même longueur et un angle de même amplitude. Ils sont donc isométriques et :

\[ h_1 = h_2 \]

Les triangles \(EFD\) et \(CDF\) ont un angle de même amplitude \(\beta = \gamma\) compris entre :

  • un côté commun \([D,F]\)
  • un deuxième côté \(h_1 = h_2\) de même longueur

Ces triangles sont isométriques. Les angles alternes-internes \(\lambda\) et \(\mu\) sont donc de même amplitude :

\[ \lambda = \mu \]

On en déduit que \((AB)\) est parallèle à \((DC)\). Le quadrilatère \(ABCD\) est donc un parallélogramme. De plus, il est isocèle car les deux angles \(\alpha\) sont de même amplitude.

4.5.4.1.2. Angle obtus

Le cas où \(\alpha\) est un angle obtus se démontre par un raisonnement analogue en utilisant le schéma suivant :

trapeze-isocele-condition-longueur-angle-obtus.svg

Nous faisons l’hypothèse que l’angle \(\alpha\) est un angle obtus.

On trace :

  • le point \(E\), projection orthogonale de \(D\) sur \((AB)\)
  • le point \(F\), projection orthogonale de \(C\) sur \((AB)\)

Comme \((DE)\) et \((CF)\) sont perpendiculaires à \((AB)\), elles sont parallèles entre-elles :

\[ (DE) \parallel (CF) \]

Les angles alternes-internes \(\beta\) et \(\gamma\) sont donc égaux :

\[ \beta = \gamma \]

Les angles \(\theta\) et \(\omega\) des triangles \(AED\) et \(BFC\) sont de même amplitude car :

\[ \theta = 180^\circ - \alpha = \omega \]

Ces triangles sont isométriques car ils possèdent une hypothénuse de même longueur et un angle \(\theta = \omega\) de même amplitude. On en déduit que :

\[ h_1 = h_2 \]

Les triangles \(EFD\) et \(CDF\) ont un angle de même amplitude \(\beta = \gamma\) compris entre :

  • un côté commun \([D,F]\)
  • un deuxième côté \(h_1 = h_2\) de même longueur

Ces triangles sont isométriques. Les angles alternes-internes \(\lambda\) et \(\mu\) sont donc de même amplitude :

\[ \lambda = \mu \]

On en déduit que \((AB)\) est parallèle à \((DC)\). Le quadrilatère \(ABCD\) est donc un parallélogramme. De plus, il est isocèle car les deux angles \(\alpha\) sont de même amplitude.

4.5.4.2. Trapèze avec jambes de même longueur

Le schéma ci-dessous représente un trapèze \(ABCD\), où les deux jambes sont de même longueur :

trapeze-isocele-condition-trapeze-longueur.svg

Les hauteurs passant par les sommets \(C\) et \(D\) y sont également représentées.

Nous faisons l’hypothèse que les angles \(\alpha\) et \(\beta\) sont des angles aigus.

Les triangles rectangles \(AED\) et \(BFC\) ont une hypothénuse et une cathète de longeurs égales :

\[ \abs{AD} = \abs{BC} \]

\[ \abs{DE} = \abs{CF} \]

Ces triangles sont donc isométriques et :

\[ \alpha = \beta \]

Le trapèze \(ABCD\) est isocèle.

5. Parallélogramme

5.1. Définition

Un parallélogramme est un quadrilatère qui possède deux paires de côtés opposés parallèles.

Le schéma ci-dessous représente un parallélogramme \(ABCD\) :

parallelogramme.svg

On a :

\[ [ A,B ] \parallel [ D,C ] \]

\[ [ A,D ] \parallel [ B,C ] \]

5.2. Côtés

Le schéma ci-dessous représente un parallélogramme \(ABCD\) et sa diagonale \([A,C]\) qui le divise en deux triangles :

parallelogramme-cotes.svg

Comme \([A,B]\) est parallèle à \([C,D]\), les angles alternes-internes \(\alpha\) et \(\beta\) sont égaux :

\[ \alpha = \beta \]

Comme \([A,D]\) est parallèle à \([B,C]\), les angles alternes-internes \(\gamma\) et \(\delta\) sont égaux :

\[ \gamma = \delta \]

Les triangles \(ABC\) et \(ACD\) ont donc deux angles de mêmes amplitudes autour d’un côté commun \([A,C]\) qui est forcément de même longueur. Ces triangles sont donc isométriques. On en déduit que leurs côtés correspondants sont de mêmes longueurs :

\[ \abs{AB} = \abs{CD} \]

\[ \abs{AD} = \abs{BC} \]

Les côtés opposés d’un parallélogramme sont donc de même longueur :

parallelogramme-cotes-resolu.svg

5.3. Angles

Le schéma ci-dessous représente un parallélogramme \(ABCD\) et ses angles :

parallelogramme-angles.svg

Comme \([A,B]\) est parallèle à \([C,D]\), on doit avoir :

\[ \alpha + \delta = 180^\circ \]

\[ \beta + \gamma = 180^\circ \]

Comme \([A,D]\) est parallèle à \([B,C]\), on doit avoir :

\[ \alpha + \beta = 180^\circ \]

\[ \gamma + \delta = 180^\circ \]

On en déduit que :

\[ \delta = \beta = 180^\circ - \alpha \]

Le dernier angle vaut :

\[ \gamma = 180^\circ - \beta = 180^\circ - (180^\circ - \alpha) \]

c’est-à-dire :

\[ \gamma = \alpha \]

Un parallélogramme possède donc :

  • des angles opposés égaux
  • deux angles distincts supplémentaires

comme représenté dans le schéma ci-dessous :

parallelogramme-angles-resolu.svg

5.4. Diagonales

Le schéma ci-dessous représente un parallélogramme \(ABCD\) et ses diagonales :

parallelogramme-diagonales.svg

Nous avons tenu compte, dans la notation des angles, du parallélisme des côtés opposés, qui implique une égalité des angles alternes-internes.

Les triangles \(ABI\) et \(DIC\) ont deux angles de mêmes amplitudes (\(\alpha\) et \(\beta\)) autour des côtés \([A,B]\) et \([C,D]\) qui ont une longueur identique. Ce sont donc des triangles isométriques. On a en particulier :

\[ \abs{AI} = \abs{IC} \]

Le point d’intersection \(I\) est donc situé au milieu de la diagonale \([A,C]\). On a aussi :

\[ \abs{BI} = \abs{ID} \]

Le point \(I\) est donc aussi situé au milieu de la diagonale \([B,D]\).

Notre schéma devient donc :

parallelogramme-diagonales-resolu.svg

Les diagonales d’un parallélogramme se coupent en leur milieu.

5.5. Conditions suffisantes

5.5.1. Côtés opposés de mêmes longueurs

Le schéma ci-dessous représente un quadrilatère \(ABCD\) qui possède deux paires de côtés opposés de longueurs égales :

parallelogramme-condition-cotes-opposes-de-memes-longueurs.svg

On a donc :

\[ \abs{AB} = \abs{DC} \]

\[ \abs{AD} = \abs{BC} \]

Les triangles \(ABD\) et \(BCD\) ont leurs trois côtés de longueurs égales :

  • le côté commun \([B,D]\)
  • les côtés
    • \([A,B]\) et \([D,C]\)
    • \([A,D]\) et \([B,C]\)

Ces triangles sont donc isométriques. Les angles alternes-internes compris entre \([A,B]\) et \([D,C]\) sont donc identiques :

\[ \alpha = \beta \]

Ces côtés sont donc parallèles. Les angles alternes-internes compris entre \([A,D]\) et \([B,C]\) sont aussi identiques :

\[ \gamma = \delta \]

Ces côtés sont aussi parallèles.

On en conclut que le quadrilatère \(ABCD\) est un parallélogramme.

Un quadrilatère qui possède deux paires de côtés de mêmes longueurs est un parallélogramme.

5.5.2. Deux côtés parallèles de même longueur

Le schéma ci-dessous représente un quadrilatère \(ABCD\), où les côtés \([A,D]\) et \([B,C]\) sont parallèles et de longueur égale :

parallelogramme-condition-paralleles-meme-longueur.svg

Nous avons tenu compte, dans la notation des angles, du parallélisme de \([A,D]\) et \([B,C]\), qui implique une égalité des angles alternes-internes.

Les triangles \(ABD\) et \(DBC\) possédent un angle \(\alpha\) de même amplitude entourés par deux côtés de longueurs égales :

  • le côté commun \([B,D]\)
  • les côtés \([A,D]\) et \([B,C]\)

Ces triangles sont donc isométriques. On a en particulier :

\[ \abs{AB} = \abs{DC} \]

Le quadrilatère \(ABCD\) possède deux paires de côtés de longueurs égales. C’est donc un parallélogramme.

Un quadrilatère qui possède une paire de côtés parallèles et de même longueur est un parallélogramme.

5.5.3. Longueur et angle correspondant identique

Le schéma ci-dessous représente un quadrilatère \(ABCD\), où deux côtés sont de même longueur et forment un même angle correspondant identique avec un troisième côté :

parallelogramme-condition-longueur-angle.svg

Ce quadrilatère remplit les conditions suivantes :

  • les côtés \([A,D]\) et \([B,C]\) sont de longueur égale
  • les côtés \([A,D]\) et \([B,C]\) forment un angle d’amplitude égale avec la droite \(d\) qui contient le côté \([A,B]\)

Comme \(\alpha\) et \(\beta\) forment un angle plat, on a :

\[ \alpha + \beta = 180^\circ \]

La somme des angles internes à \([A,D]\) et \([B,C]\) et situés du même côté de \([A,B]\) vaut donc \(180^\circ\). On peut appliquer la réciproque du cinquième axiome d’Euclide, ce qui nous montre que les côtés \([A,D]\) et \([B,C]\) sont parallèles, en plus d’être de même longueur. Nous avons vu dans la section éponyme que cette condition est suffisante pour montrer que le quadrilatère \(ABCD\) est un parallélogramme.

5.6. Médianes

Le schéma ci-dessous représente un parallélogramme \(ABCD\) ainsi que ses médianes :

parallelogramme-medianes.svg

Le quadrilatère \(ABFH\) comporte deux côtés opposés parallèles et de même longueur : \([A,H]\) et \([B,F]\). Ce quadrilatère est donc un parallélogramme. On en conclut que \([H,F]\) est parallèle à \([A,B]\).

Un raisonnement similaire dans le quadrilatère \(HFCD\) nous montre que \([H,F]\) est parallèle à \([C,D]\).

Le quadrilatère \(AEGD\) comporte deux côtés opposés parallèles et de même longueur : \([A,E]\) et \([D,G]\). Ce quadrilatère est donc un parallélogramme. On en conclut que \([E,G]\) est parallèle à \([A,D]\).

Un raisonnement similaire dans le quadrilatère \(EBCG\) nous montre que \([E,G]\) est parallèle à \([B,C]\).

Comme :

\[ [H,F] \parallel [A,B] \]

\[ [E,G] \parallel [A,D] \]

on a a fortiori :

\[ [H,I] \parallel [A,E] \]

\[ [E,I] \parallel [A,H] \]

Le quadrilatère \(AEIH\) est donc un parallélogramme. Un raisonnement similaire nous amène à la conclusion que les quatre quadrilatères intérieurs formés avec les sommets du parallélogrammes et le point d’intersection des médianes, à savoir :

  • \(AEIH\)
  • \(EBFI\)
  • \(IFCG\)
  • \(HIGD\)

sont aussi des parallélogrammes. Ils ont donc des côtés opposés de longueurs égales. Le schéma devient :

parallelogramme-medianes-resolu.svg

On en déduit que les médianes d’un parallélogramme se coupent en leur milieu.

5.7. Médianes et diagonales

Le schéma ci-dessous représente un parallélogramme \(ABCD\) ainsi qu’une de ses médianes et une de ses diagonales :

parallelogramme-medianes-et-diagonales.svg

Nous avons tenu compte, dans la notation des angles, du parallélisme des côtés opposés et des médianes, qui implique une égalité des angles alternes-internes.

Les triangles \(AEI\) et \(ICG\) ont un côté de longueur égale (\([A,E]\) et \([G,C]\)) compris entre deux angles \(\alpha\) et \(\beta\) de mêmes amplitudes

Ce sont donc des triangles isométriques. On a en particulier :

\[ \abs{AI} = \abs{IC} \]

Le point \(I\) se trouve au milieu de la diagonale \([A,C]\). Comme les diagonales d’un parallélogramme se coupent en leur milieu, le point \(I\) se confond avec le point d’intersection des diagonales.

On a aussi :

\[ \abs{EI} = \abs{IG} \]

Le point \(I\) se trouve au milieu de la médiane \([E,G]\). Comme les médianes d’un parallélogramme se coupent en leur milieu, le point \(I\) se confond aussi avec le point d’intersection des médianes.

Les médianes et les diagonales d’un parallélogramme se croisent toutes au même point :

parallelogramme-medianes-et-diagonales-resolu.svg

6. Rectangle

6.1. Définition

Un rectangle est un quadrilatère qui possède quatre angles droits.

Le schéma ci-dessous représente un rectangle \(ABCD\) :

rectangle.svg

6.2. Parallélisme

Le schéma ci-dessous représente un rectangle \(ABCD\) :

rectangle-parallelisme.svg

Comme \([A,B]\) et \([D,C]\) sont tous deux perpendiculaire à \([A,C]\), ils sont parallèles entre-eux :

\[ [A,B] \parallel [D,C] \]

Comme \([A,D]\) et \([B,C]\) sont tous deux perpendiculaire à \([A,B]\), ils sont parallèles entre-eux :

\[ [A,D] \parallel [B,C] \]

Les côtés opposés d’un rectangle sont donc parallèles entre-eux. On en déduit qu’un rectangle est un cas particulier de parallélogramme.

6.3. Côtés

Le rectangle étant un cas particulier de parallélogramme, ses côtés opposés sont de même longueur, comme indiqué sur le schéma ci-dessous :

rectangle-cotes-resolu.svg

On nomme :

  • longueur du rectangle la mesure du plus grand côté
    • dans notre schéma, la distance \(L = \abs{AB}\)
  • largeur du rectangle la mesure du plus petit côté
    • dans notre schéma, la distance \(l = \abs{AD}\)

6.4. Diagonales

Le schéma ci-dessous représente un rectangle \(ABCD\) et ses diagonales :

rectangle-diagonales.svg

Comme un rectangle est un cas particulier de parallélogramme, les diagonales se coupent en leur milieu.

Les triangles rectangles \(ABC\) et \(DAB\) ont leurs deux cathètes de longueurs identiques. Ils sont donc isométriques et :

\[ \abs{AC} = \abs{BD} \]

Les diagonales d’un rectangle sont de même longueur.

Notre schéma devient :

rectangle-diagonales-resolu.svg

6.5. Conditions suffisantes

6.5.1. Parallélogramme qui possède un angle droit

Soit un parallélogramme \(ABCD\) qui possède au moins un angle droit. Les angles opposés sont donc égaux, et \(ABCD\) contient deux angles distincts supplémentaires :

rectangle-condition-parallelogramme-angle-droit.svg

Comme :

\[ 180^\circ - 90^\circ = 90^\circ \]

les quatre angles du parallélogramme sont tous des angles droits.

Un parallélogramme qui possède au moins un angle droit est un rectangle.

6.5.2. Longueur et angle correspondant identique

Il s’agit d’un cas particulier de la configuration que nous avons vu dans la section éponyme pour les parallélogrammes, où on montre qu’un quadrilatère qui possède deux côtés de même longueur formant un angle correspondant identique avec un troisième côté est un parallélogramme.

Nous avons ici le cas particulier où les deux angles en question sont des angles droits, comme le quadrilatère \(ABCD\) sur le schéma ci-dessous :

rectangle-condition-longueur-angle.svg

Le quadrilatère \(ABCD\) est donc un parallélogramme qui contient deux angles droits. On en conclut qu’il s’agit aussi un rectangle.

Ces conditions suffisent donc à garantir que le quadrilatère \(ABCD\) est un rectangle.

6.6. Médianes

Le schéma ci-dessous représente un rectangle \(ABCD\) et ses médianes :

rectangle-medianes.svg

Comme un rectangle est un cas particulier de parallélogramme, les médianes se coupent en leur milieu et forment les quatre parallélogrammes intérieurs suivants :

  • \(AEIH\)
  • \(EBFI\)
  • \(IFCG\)
  • \(HIGD\)

Chacun de ces parallélogrammes contient un angle droit. Ce sont donc aussi des rectangles.

6.7. Médianes et diagonales

Comme le rectangle est un cas particulier de parallélogramme, ses médianes et diagonales se croisent au même point :

rectangle-medianes-et-diagonales.svg

7. Cerf-volant

7.1. Définition

Un cerf-volant est un quadrilatère formé par deux paires de côtés adjacents de même longueur.

Le schéma ci-dessous représente un cerf-volant \(ABCD\) :

cerf-volant.svg

On remarque que le cerf-volant \(ABCD\) peut se subdiviser en deux triangles isocèles \(ABD\) et \(CDB\) :

cerf-volant-triangles-isoceles.svg

Réciproquement, on peut considérer que le cerf-volant \(ABCD\) est formé par l’assemblage des triangles isocèles \(ABD\) et \(CDB\).

7.2. Diagonales

Le schéma ci-dessous représente un cerf-volant \(ABCD\) ainsi que la diagonale \([A,C]\) :

cerf-volant-diagonales-1.svg

On remarque que chaque extrémité de la diagonale \([A,C]\) est adjacent à deux côtés de même longueur.

Les triangles \(ACD\) et \(ABC\) ont leurs trois côtés de même longueur. Ils sont donc isométriques. On a en particulier :

\[ \alpha = \beta \qquad \qquad \qquad \gamma = \delta \]

Traçons la deuxième diagonale :

cerf-volant-diagonales-2.svg

On remarque que :

  • la diagonale \([B,D]\) divise le cerf-volant en deux triangles isocèles \(ABD\) et \(CDB\)
  • la diagonale \([A,C]\) traverse les deux triangles isocèles \(ABD\) et \(CDB\) qui composent le cerf-volant

Les triangles \(AID\) et \(ABI\) ont un angle \(\alpha\) d’amplitude égale compris deux côtés de même longeurs :

  • le côté commun \([A,I]\)
  • les côtés \([A,B]\) et \([A,D]\)

Ils sont donc isométriques et :

\[ \abs{DI} = \abs{IB} \]

Le point d’intersection \(I\) entre les diagonales est situé au milieu de la diagonale \([B,D]\). On a aussi :

\[ \lambda = \mu \]

Comme ces deux angles forment ensemble un angle plat, il vient :

\[ \lambda + \mu = 2 \ \lambda = 180^\circ \]

d’où :

\[ \lambda = 90^\circ \]

Les diagonales d’un cerf-volant sont perpendiculaires. En tenant compte de l’égalité des autres angles, notre schéma devient :

cerf-volant-diagonales-resolu.svg

Conclusion :

  • les diagonales sont perpendiculaires
  • la diagonale qui traverse les deux triangles isocèles
    • est la bissectrice des angles situés à ses extrémités
    • est la médiatrice de la diagonale qui divise le cerf-volant en deux triangles isocèles

Ces propriétés ont les conséquences directes suivantes :

  • le segment \([A,I]\) est une médiane, une hauteur et une bissectrice du triangle isocèle \(ABD\)
  • le segment \([C,I]\) est une médiane, une hauteur et une bissectrice du triangle isocèle \(CDB\)

8. Losange

8.1. Définition

Un losange est un quadrilatère qui possède quatre côtés de même longueur.

Le schéma ci-dessous représente un losange \(ABCD\) :

losange.svg

8.2. Parallélisme

Le schéma ci-dessous représente un losange \(ABCD\) et une de ses diagonales :

losange-parallelisme.svg

Nous avons tenu compte du caractère isocèle des triangles dans la notation des angles.

Les triangles \(ABD\) et \(BCD\) ont leurs trois côtés de longueurs identiques. Ils sont donc isométriques et :

\[ \alpha = \beta \]

\[ \gamma = \delta \]

Notre schéma devient :

losange-parallelisme-bis.svg

La somme des angles dans le triangle \(ABD\) nous donne :

\[ \gamma + 2 \ \alpha = 180^\circ \]

ou encore :

\[ \gamma + \abs{\angleflex{ADC}} = 180^\circ \]

Il suffit d’appliquer la réciproque du cinquième axiome d’Euclide pour obtenir le parallélisme :

\[ [A,B] \parallel [D,C] \]

La relation sur les angles peut se réécrire :

\[ \gamma + \abs{\angleflex{CBA}} = 180^\circ \]

Il suffit d’appliquer la réciproque du cinquième axiome d’Euclide pour obtenir le parallélisme :

\[ [A,D] \parallel [B,C] \]

Un losange est donc un cas particulier de parallélogramme.

Remarque : on pourrait aussi simplement observer qu’un losange \(\mathscr{L}\) possède a fortiori des côtés opposés de longueurs égales, ce qui est une condition suffisante pour conclure que \(\mathscr{L}\) est un cas particulier de parallélogramme.

8.3. Diagonales

Le schéma ci-dessous représente un losange \(ABCD\) et ses diagonales :

losange-diagonales.svg

On peut considérer le losange \(ABCD\) comme un cerf-volant composé des triangles isocèles \(ABD\) et \(CDB\). La diagonale \([A,C]\) traverse ces deux triangles isocèles, et est donc :

  • la médiatrice de l’autre diagonale \([B,D]\)
  • la bissectrice des angles \(\angleflex{BAD}\) et \(\angleflex{DCB}\) situés à ses extrémités.

Mais on peut aussi considérer ce losange comme un cerf-volant composé des triangles isocèles \(DAC\) et \(BCA\). La diagonale \([B,D]\) traverse ces deux triangles isocèles, et est donc :

  • la médiatrice de l’autre diagonale \([A,C]\)
  • la bissectrice des angles \(\angleflex{ADC}\) et \(\angleflex{CBA}\) situés à ses extrémités.

De plus, comme le losange est un cas particulier de parallélogramme, ses angles opposés sont égaux :

\[ \abs{\angleflex{BAD}} = \abs{\angleflex{DCB}} \]

\[ \abs{\angleflex{ADC}} = \abs{\angleflex{CBA}} \]

On en conclut que les diagonales d’un losange :

  • sont perpendiculaires
  • sont les bissectrices des angles situés à leurs extrémités

On a finalement le schéma suivant :

losange-diagonales-resolu.svg

Comme le triangle \(AID\) est rectangle en \(I\), on a aussi :

\[ \beta = 90^\circ - \alpha \]

8.4. Médianes

Comme un losange est un cas particulier de parallélogramme, ses médianes se coupent en leur milieu :

losange-medianes.svg

On sait aussi que les quatre quadrilatères intérieurs suivants :

  • \(AEIH\)
  • \(EBFI\)
  • \(IFCG\)
  • \(HIGD\)

sont des parallélogrammes. Comme on a en plus :

\[ \abs{AE} = \abs{AH} = \frac{\abs{AB}}{2} = \frac{\abs{AD}}{2} \]

les quatre côtés du parallélogramme \(AEIH\) sont de longueur égale. Ce parallélogramme est donc aussi un losange. Un raisonnement analogue appliqué aux autres parallélogrammes intérieurs nous montre que ce sont tous des losanges.

8.5. Médianes et diagonales

Comme un losange est un cas particulier de parallélogramme, ses médianes et diagonales se croisent au même point :

losange-medianes-et-diagonales.svg

9. Carré

9.1. Définition

Un carré est un quadrilatère possédant quatre angles droits et quatre côtés de même longueur.

Le schéma ci-dessous représente un carré \(ABCD\) :

carre.svg

C’est donc aussi :

  • un rectangle qui possède quatre côtés de même longueur
  • un parallélogramme qui possèdes quatre angles droits et quatre côtés de même longueur
  • un losange qui possède quatre angles droits
  • un cerf-volant qui possède quatre côtés de même longueur et quatre angles droits

9.2. Diagonales

Le schéma ci-dessous représente un carré \(ABCD\) et ses diagonales :

carre-diagonales.svg

Comme un carré est un cas particulier de :

  • parallélogramme, ses diagonales se coupent en leur milieu
  • rectangle, ses diagonales sont de même longueur
  • cerf-volant, ses diagonales sont perpendiculaires

9.3. Médianes

Le schéma ci-dessous représente un carré \(ABCD\) et ses médianes :

carre-medianes.svg

Comme un carré est un cas particulier de :

  • parallélogramme, ses médianes se coupent en leur milieu, au même point que les diagonales
  • rectangle, ses médianes forment quatre rectangles intérieurs
  • losange, ses médianes forment quatre losanges intérieurs

Les quatre quadrilatères intérieurs :

  • \(AEIH\)
  • \(EBFI\)
  • \(IFCG\)
  • \(HIGD\)

sont donc à la fois des rectangles et des losanges. Ils ont donc quatre côtés de longueur égale et quatre angles droits. Ce sont donc des carrés. On en conclut que les médianes d’un carré sont perpendiculaires.

9.4. Médianes et diagonales

Comme le carré est un cas particulier de parallélogramme, ses médianes et diagonales se croisent au même point :

carre-medianes-et-diagonales.svg

Auteur: chimay

Created: 2026-04-26 dim 14:49

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