Eclats de vers : Matemat : Proportions géométriques
Table des matières
1. Triangles
1.1. Triangle rectangle
1.2. Triangle acutangle
1.3. Triangle obtusangle
2. Théorème de Thalès sur les proportions
3. Triangles semblables
3.1. Définition
Deux triangles sont dits semblables si les rapports de leurs côtés correspondants sont les mêmes, et si leurs angles correspondants de même amplitude. Le schéma ci-dessous nous en montre un exemple :
avec :
\[ \frac{a_1}{a_2} = \frac{b_1}{b_2} = \frac{c_1}{c_2} \]
et :
\[ \alpha_1 = \alpha_2 \]
\[ \beta_1 = \beta_2 \]
\[ \gamma_1 = \gamma_2 \]
3.2. Corollaires
Soit la relation :
\[ \frac{a_1}{a_2} = \frac{b_1}{b_2} \]
Multiplions par \(a_2 \cdot b_2\) :
\[ a_1 \cdot b_2 = a_2 \cdot b_1 \]
puis divisons par \(b_1 \cdot b_2\) :
\[ \frac{a_1}{b_1} = \frac{a_2}{b_2} \]
On obtient par un raisonnement similaire :
\[ \frac{a_1}{c_1} = \frac{a_2}{c_2} \]
\[ \frac{b_1}{c_1} = \frac{b_2}{c_2} \]
Les rapports entre les longueurs des côtés sont les mêmes dans les deux triangles.
3.3. Conditions pour avoir des triangles semblables
Pour que deux triangles soient semblables, chaque condition ci-dessous est suffisante :
- les trois côtés correspondants sont de longueurs proportionnelles :
\[ \frac{a_1}{a_2} = \frac{b_1}{b_2} = \frac{c_1}{c_2} \]
- deux angles correspondants sont de même amplitude, par exemple :
\[ \alpha_1 = \alpha_2 \]
\[ \beta_1 = \beta_2 \]
Remarquons que, dans ce cas, les troisièmes angles sont forcément de même amplitude :
\[ \gamma_2 = \pi - \alpha_2 - \beta_2 = \pi - \alpha_1 - \beta_1 = \gamma_1 \]
- deux côtés correspondants sont de longueurs proportionnelles et les angles qu’ils forment sont de même amplitude, par exemple :
\[ \frac{a_1}{a_2} = \frac{b_1}{b_2} \]
et :
\[ \gamma_1 = \gamma_2 \]
3.3.1. Triangles rectangles
Dans le cas de deux triangles rectangles \(T_1\) et \(T_2\), les deux angles droits correspondent et sont par définition égaux. Il suffit donc d’avoir un deuxième angle \(\alpha\) identique dans les deux triangles pour que \(T_1\) et \(T_2\) soient semblables.
4. Construction d’un segment de longueur proportionnelle
5. Nombre d’or
5.1. Rectangle doré
Examinons le rectangle \(ABCD\) ci-dessous :
On dit que \(ABCD\) est un rectangle doré si on peut le partitionner en :
- un carré \(ABFE\)
- un rectangle \(EFCD\) qui possède la même forme que le rectangle \(ABCD\) d’origine
Le rapport de la longueur à la largeur doit donc être le même dans les rectangles \(ABCD\) et \(EFCD\) :
\[ \frac{a+b}{a} = \frac{a}{b} \]
c’est-à-dire :
\[ 1 + \frac{b}{a} = \frac{a}{b} \]
En posant :
\[ \phi = \frac{a}{b} \]
l’identité entre les rapports de longueurs devient :
\[ 1 + \unsur{\phi} = \phi \]
En multipliant le tout par \(\phi\), on arrive à l’équation :
\[ \phi + 1 = \phi^2 \]
ou encore :
\[ \phi^2 - \phi - 1 = 0 \]
Le rapport de longueurs \(\phi\) qui respecte cette équation est appelé nombre d’or.
5.2. Résolution
On cherche un nombre \(\phi\) réel positif tel que :
\[ \phi^2 - \phi - 1 = 0 \]
Le discriminant de cette équation s’écrit :
\[ \Delta = (-1)^2 - 4 \cdot 1 \cdot (-1) = 5 \]
On en déduit les solutions possibles pour \(\phi\) :
\[ \phi_+ = \frac{1+\sqrt{5}}{2} \]
\[ \phi_- = \frac{1-\sqrt{5}}{2} \]
Comme \(\phi\) est un rapport de longueur, il est forcément positif et il faut rejeter la seconde solution. Le nombre d’or s’écrit donc :
\[ \phi = \frac{1+\sqrt{5}}{2} \]
5.3. Inverse
Divisons l’équation :
\[ \phi^2 - \phi - 1 = 0 \]
par \(\phi\) :
\[ \phi - 1 - \unsur{\phi} = 0 \]
puis isolons \(1/\phi\) :
\[ \unsur{\phi} = \phi - 1 \]
Il suffit d’enlever \(1\) au nombre d’or pour obtenir son inverse multiplicatif.
5.4. Carré
L’expression du carré de \(\phi\) vient directement de la définition :
\[ \phi^2 = \phi + 1 \]
5.5. Cube
On a :
\begin{align*} \phi^3 &= \phi \cdot \phi^2 \\ &= \phi \cdot (\phi + 1) \\ &= \phi^2 + \phi \\ &= \phi + 1 + \phi \end{align*}et finalement :
\[ \phi^3 = 2 \ \phi + 1 \]
5.6. Inverse du carré
On a :
\begin{align*} \unsur{\phi^2} &= (\phi - 1)^2 \\ &= \phi^2 - 2 \ \phi + 1 \\ &= \phi + 1 - 2 \ \phi + 1 \end{align*}et finalement :
\[ \unsur{\phi^2} = 2 - \phi \]
5.7. Inverse du cube
On a :
\begin{align*} \unsur{\phi^3} &= \unsur{\phi} \cdot \unsur{\phi^2} \\ &= (\phi - 1) \ (2 - \phi) \\ &= 2 \ \phi - \phi^2 - 2 + \phi \\ &= 2 \ \phi - \phi - 1 - 2 + \phi \\ \end{align*}et finalement :
\[ \unsur{\phi^3} = 2 \ \phi - 3 \]
6. Nombre d’argent
6.1. Résolution
Le nombre d’or respecte l’équation :
\[ \unsur{\phi} = \phi - 1 \]
On définit le nombre d’argent \(\psi\) par une équation similaire :
\[ \unsur{\psi} = \psi - 2 \]
En multipliant par \(\psi\), on obtient :
\[ 1 = \psi^2 - 2 \ \psi \]
c’est-à-dire :
\[ \psi^2 - 2 \ \psi - 1 = 0 \]
Le discriminant de cette équation s’écrit :
\[ \Delta = 4 - 4 \cdot 1 \cdot (-1) = 8 \]
On en déduit les solutions possibles pour \(\psi\) :
\[ \psi_+ = \frac{2 + \sqrt{8}}{2} \]
\[ \psi_- = \frac{2 - \sqrt{8}}{2} \]
Remarquons que :
\[ \sqrt{8} = \sqrt{4 \cdot 2} = \sqrt{4} \cdot \sqrt{2} = 2 \ \sqrt{2} \]
Les solutions deviennent :
\[ \psi_+ = \frac{2 + 2 \ \sqrt{2}}{2} \]
\[ \psi_- = \frac{2 - 2 \ \sqrt{2}}{2} \]
ou encore :
\[ \psi_+ = 1 + \sqrt{2} \]
\[ \psi_- = 1 - \sqrt{2} \]
Comme \(\psi\) est un rapport de longueur, il est forcément positif et il faut rejeter la seconde solution. Le nombre d’argent s’écrit donc :
\[ \psi = 1 + \sqrt{2} \]
6.2. Inverse
L’inverse multiplicatif du nombre d’argent est directement issu de sa définition :
\[ \unsur{\psi} = \psi - 2 \]
6.3. Carré
Le nombre d’argent est la solution positive de l’équation :
\[ \psi^2 - 2 \ \psi - 1 = 0 \]
Il suffit d’isoler \(\psi^2\) pour obtenir une expression de son carré :
\[ \psi^2 = 2 \ \psi + 1 \]
6.4. Cube
On a :
\begin{align*} \psi^3 &= \psi^2 \cdot \psi \\ &= (2 \ \psi + 1) \ \psi \\ &= 2 \ \psi^2 + \psi \\ &= 2 \ (2 \psi + 1) + \psi \\ &= 4 \ \psi + 2 + \psi \end{align*}et finalement :
\[ \psi^3 = 5 \ \psi + 2 \]
6.5. Inverse du carré
On a :
\begin{align*} \unsur{\psi^2} &= (\psi - 2)^2 \\ &= \psi^2 - 4 \ \psi + 4 \\ &= 2 \ \psi + 1 - 4 \ \psi + 4 \\ \end{align*}et finalement :
\[ \unsur{\psi^2} = 5 - 2 \ \psi \]
7. Nombre de bronze
On définit le nombre de bronze \(\varphi\) par l’équation :
\[ \unsur{\varphi} = \varphi - 3 \]
En multipliant par \(\varphi\), on obtient :
\[ 1 = \varphi^2 - 3 \ \varphi \]
c’est-à-dire :
\[ \varphi^2 - 3 \ \varphi - 1 = 0 \]
Le discriminant de cette équation s’écrit :
\[ \Delta = 9 - 4 \cdot 1 \cdot (-1) = 13 \]
On en déduit les solutions possibles pour \(\varphi\) :
\[ \varphi_+ = \frac{3 + \sqrt{13}}{2} \]
\[ \varphi_- = \frac{3 - \sqrt{13}}{2} \]
Comme \(\varphi\) est un rapport de longueur, il est forcément positif et il faut rejeter la seconde solution. Le nombre de bronze s’écrit donc :
\[ \varphi = \frac{1+\sqrt{13}}{2} \]